BIARRITZ. Vive passe d'armes entre le maire et Mgr Aillet au sujet de la Gay Pride
La Gay Pride de Biarritz, qui s'est déroulée hier, est au centre d'une vive polémique entre l'évêque de Bayonne, Mgr Aillet, et le maire de Biarritz, Didier Borotra.
À la veille de la neuvième édition de la marche des fiertés homosexuelles, le prélat avait fait connaître sa réprobation via un communiqué de presse. Cet écrit fustigeait la manifestation, visant particulièrement les Soeurs de la perpétuelle indulgence, association taxée d'anticatholicisme et de blasphème.
Dans le même temps, Mgr Aillet adressait un courrier tout aussi incisif au maire de Biarritz, Didier Borotra.
Effets négatifs
L'évêque y écrit que « les revendications tapageuses de groupes pour la plupart étrangers à la ville de Biarritz ne représentent pas, et de loin, la conviction profonde qui anime les personnes homosexuelles. Il suffit de lire tel ou tel témoignage pour comprendre à quel point celles-ci sont en souffrance ».
Il poursuit : « Outre le fait que la jeunesse, particulièrement les enfants, n'a pas besoin de voir affichées des revendications aussi agressives, une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens. »
« Je tenais à vous communiquer en toute simplicité ces quelques réflexions », conclut l'évêque.
Liberté d'expression
Les « réflexions » ont passablement irrité le centriste Didier Borotra, homme de consensus peu coutumier des coups de gueule.
Dans une courte réponse, il renvoie l'évêque à la séparation des Églises et de l'État.
« Je ne peux vous cacher que j'ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République, c'est dommage.
En tant qu'homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l'Église et je vous conseille d'en faire autant concernant les affaires de la mairie », assène le maire de Biarritz. « Nous n'avons pas la même conception de la liberté, notamment d'expression et de manifestation. Il s'agit pourtant d'un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques. »
L'évêque de Bayonne, Oloron et Lescar a pris ses fonctions en novembre dernier. Son style et ses prises de position sont clairement plus ancrés dans le traditionalisme catholique que ceux de son prédécesseur, Mgr Molères. L'exemple le plus visible en est probablement la soutane que l'ecclésiastique porte systématiquement lors de ses apparitions publiques.
Monsieur le maire,
Ayant pris connaissance, par le biais de familles domiciliées à Biarritz, de la « Gay Pride » prévue prochainement, je viens vous faire part de ma profonde stupéfaction. Il s’agit une fois encore d’un outrage officiel fait à l’Eglise Catholique à en croire la présence annoncée des « Sœurs de la perpétuelle indulgence », association affichant avec virulence son anti-christianisme.
Je n’ose imaginer la réaction des musulmans et des juifs si les symboles de leurs traditions religieuses étaient récupérés de la sorte…
Les revendications tapageuses de groupes pour la plupart étrangers à la ville de Biarritz ne représentent pas, et de loin, la conviction profonde qui anime les personnes homosexuelles. Il suffit de lire tel ou tel témoignage pour comprendre à quel point celles-ci sont en souffrance.
Outre le fait que la jeunesse, particulièrement les enfants, n’a pas besoin de voir affichées des revendications aussi agressives, une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens.
Je tenais à vous communiquer en toute simplicité ces quelques réflexions. Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de ma prière et de mes sentiments dévoués dans le Christ et son Eglise.
Monseigneur,Je ne peux vous cacher que j’ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République. C’est dommage.En tant qu’homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l’Eglise et je vous conseille d’en faire autant, concernant les affaires de la Mairie.Pour le reste, nous n’avons pas la même conception de la liberté, notamment d’expression et de manifestation. Il s’agit pourtant d’un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques.Je vous prie de croire, Monseigneur, à l’assurance de mes sentiments très distingués.

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le 28/07/2009 à 00h17
Monsieur le Maire
Je voudrais croire que vous, tout comme votre chef de file M. François Bayrou (père de six enfants), avez un respect profond pour la famille et les enfants. Malheureusement votre réponse à Monseigneur Aillet m'en fait douter.
Vous savez que "nul n'est sensé ignorer la loi". Et pourtant, vous, le premier magistrat de la ville de Biarritz, semblez ignorer la loi sur la protection de l'enfance du 5 mars 2007, notamment l'article L 227-24 du Code Pénal que je me permets de vous rappeler ici :
"Le fait de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit, un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement attente à la dignité humaine est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende, lorsque ce message est susceptible d'être vu par un mineur.
Lorsque les infractions prévues au présent article sont soumises par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle ou de la communication au public en ligne, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables."
Vous êtes pourtant sensé faire respecter la loi dans votre ville. Permettez-moi de douter de votre capacité d'élu à la faire respecter compte-tenu des propos déplacés et inappropriés que vous venez de proférer à l'encontre de Monseigneur Aillet.
Ceci est hautement regrettable. Il vous est toujours possible de renouer le dialogue avec Monseigneur Aillet sous de meilleurs hospices.
En l'absence d'ajustement de votre part, je me verrais donc dans l'obligation de suggérer à vos administrés et à vos conseillers de prendre en considération votre démission.
Respectuesement
Alain MICHEL
Pour la rédaction du SO : sauf erreur, M. Borotra s'est permis de vous communiquer une lettre "privée" et vous n'avez pas hésiter à la reproduire dans vos colonnes avec sa réponse. Je verrais donc d'un très bon oeil la lettre que je lui ai adressée dans vos colonnes : vous avez donc mon autorisation. Elle est accessible à la page suivante :
http://lgpbiarritz.hautetfort.com/archive/2009/06/21/le-senateur-maire-de-biarritz-repond-a-l-eveque-de-bayonne.html#c5132674
le 28/06/2009 à 10h15
http://www.dailymotion.com/video/x9d9z8_le-phare-de-biarritz_news
Ces images ont été tournées dans un jardin municipal placé sous la responsabilité de la Mairie de Biarritz.