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Dimanche 21 Juin 2009

BIARRITZ. Vive passe d'armes entre le maire et Mgr Aillet au sujet de la Gay Pride

Borotra répond vertement à l'évêque

photo Eve Boisanfray

La Gay Pride de Biarritz, qui s'est déroulée hier, est au centre d'une vive polémique entre l'évêque de Bayonne, Mgr Aillet, et le maire de Biarritz, Didier Borotra.

À la veille de la neuvième édition de la marche des fiertés homosexuelles, le prélat avait fait connaître sa réprobation via un communiqué de presse. Cet écrit fustigeait la manifestation, visant particulièrement les Soeurs de la perpétuelle indulgence, association taxée d'anticatholicisme et de blasphème.

Dans le même temps, Mgr Aillet adressait un courrier tout aussi incisif au maire de Biarritz, Didier Borotra.

Effets négatifs

L'évêque y écrit que « les revendications tapageuses de groupes pour la plupart étrangers à la ville de Biarritz ne représentent pas, et de loin, la conviction profonde qui anime les personnes homosexuelles. Il suffit de lire tel ou tel témoignage pour comprendre à quel point celles-ci sont en souffrance ».

Il poursuit : « Outre le fait que la jeunesse, particulièrement les enfants, n'a pas besoin de voir affichées des revendications aussi agressives, une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens. »

« Je tenais à vous communiquer en toute simplicité ces quelques réflexions », conclut l'évêque.

Liberté d'expression

Les « réflexions » ont passablement irrité le centriste Didier Borotra, homme de consensus peu coutumier des coups de gueule.

Dans une courte réponse, il renvoie l'évêque à la séparation des Églises et de l'État.

« Je ne peux vous cacher que j'ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République, c'est dommage.

En tant qu'homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l'Église et je vous conseille d'en faire autant concernant les affaires de la mairie », assène le maire de Biarritz. « Nous n'avons pas la même conception de la liberté, notamment d'expression et de manifestation. Il s'agit pourtant d'un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques. »

L'évêque de Bayonne, Oloron et Lescar a pris ses fonctions en novembre dernier. Son style et ses prises de position sont clairement plus ancrés dans le traditionalisme catholique que ceux de son prédécesseur, Mgr Molères. L'exemple le plus visible en est probablement la soutane que l'ecclésiastique porte systématiquement lors de ses apparitions publiques.

 

Lettre de Marc Aillet :

Monsieur le maire,

Ayant pris connaissance, par le biais de familles domiciliées à Biarritz, de la « Gay Pride » prévue prochainement, je viens vous faire part de ma profonde stupéfaction. Il s’agit une fois encore d’un outrage officiel fait à l’Eglise Catholique à en croire la présence annoncée des « Sœurs de la perpétuelle indulgence », association affichant avec virulence son anti-christianisme.

Je n’ose imaginer la réaction des musulmans et des juifs si les symboles de leurs traditions religieuses étaient récupérés de la sorte…

Les revendications tapageuses de groupes pour la plupart étrangers à la ville de Biarritz ne représentent pas, et de loin, la conviction profonde qui anime les personnes homosexuelles. Il suffit de lire tel ou tel témoignage pour comprendre à quel point celles-ci sont en souffrance.

Outre le fait que la jeunesse, particulièrement les enfants, n’a pas besoin de voir affichées des revendications aussi agressives, une telle licence sexuelle exposée sur la voie publique ne peut avoir que des effets négatifs sur la moralité sociale et le bon sens de la majorité de nos concitoyens.

Je tenais à vous communiquer en toute simplicité ces quelques réflexions. Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de ma prière et de mes sentiments dévoués dans le Christ et son Eglise.

Réponse de Didier Borotra :

 

Monseigneur,Je ne peux vous cacher que j’ai eu honte à la lecture de votre lettre du 18 juin. De toute évidence, vous ignorez les lois de la République. C’est dommage.En tant qu’homme politique, je ne me mêle jamais des affaires de l’Eglise et je vous conseille d’en faire autant, concernant les affaires de la Mairie.Pour le reste, nous n’avons pas la même conception de la liberté, notamment d’expression et de manifestation. Il s’agit pourtant d’un droit élémentaire dans tous les pays démocratiques.Je vous prie de croire, Monseigneur, à l’assurance de mes sentiments très distingués.

Auteur : Véronique Fourcade

Tags : France Société Croyance Vie pratique Crises biarritz bayonne lescar
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    Commentaires affichés de 1 à 5 sur 15
    1 2 3 Suivant
    Alain Alain

    le 28/07/2009 à 00h17

    le 5 juillet 2009
    Monsieur le Maire
    Je voudrais croire que vous, tout comme votre chef de file M. François Bayrou (père de six enfants), avez un respect profond pour la famille et les enfants. Malheureusement votre réponse à Monseigneur Aillet m'en fait douter.
    Vous savez que "nul n'est sensé ignorer la loi". Et pourtant, vous, le premier magistrat de la ville de Biarritz, semblez ignorer la loi sur la protection de l'enfance du 5 mars 2007, notamment l'article L 227-24 du Code Pénal que je me permets de vous rappeler ici :

    "Le fait de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit, un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement attente à la dignité humaine est puni de 3 ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende, lorsque ce message est susceptible d'être vu par un mineur.
    Lorsque les infractions prévues au présent article sont soumises par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle ou de la communication au public en ligne, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables."

    Vous êtes pourtant sensé faire respecter la loi dans votre ville. Permettez-moi de douter de votre capacité d'élu à la faire respecter compte-tenu des propos déplacés et inappropriés que vous venez de proférer à l'encontre de Monseigneur Aillet.
    Ceci est hautement regrettable. Il vous est toujours possible de renouer le dialogue avec Monseigneur Aillet sous de meilleurs hospices.
    En l'absence d'ajustement de votre part, je me verrais donc dans l'obligation de suggérer à vos administrés et à vos conseillers de prendre en considération votre démission.
    Respectuesement
    Alain MICHEL

    Pour la rédaction du SO : sauf erreur, M. Borotra s'est permis de vous communiquer une lettre "privée" et vous n'avez pas hésiter à la reproduire dans vos colonnes avec sa réponse. Je verrais donc d'un très bon oeil la lettre que je lui ai adressée dans vos colonnes : vous avez donc mon autorisation. Elle est accessible à la page suivante :
    http://lgpbiarritz.hautetfort.com/archive/2009/06/21/le-senateur-maire-de-biarritz-repond-a-l-eveque-de-bayonne.html#c5132674
     
    Jean Jean

    le 28/06/2009 à 10h15

    Pour une information plus complète, je vous invite à découvrir une video postée le 22 mai sur DailyMotion. bien avant le début de cette polémique

    http://www.dailymotion.com/video/x9d9z8_le-phare-de-biarritz_news

    Ces images ont été tournées dans un jardin municipal placé sous la responsabilité de la Mairie de Biarritz.
     
    Pierre Pierre

    le 27/06/2009 à 12h13

    Pour avoir un commentaire juridique documenté, je vous invite à aller lire le commentaire du Député M. C. Vanneste, sur le site:
    http://www.libertepolitique.com:80/actualite/55-france/5439-gay-pride--polemique-a-biarritz-entre-leveque-et-le-maire
    Cela sera très instructif sur qui méconnaît les lois de la République...
     
    Jean Jean

    le 27/06/2009 à 12h10

    J'interviens comme témoin dans cet échange épistolaire opposant Monseigneur AILLET et Monsieur BOROTRA, Maire de Biarritz.
    Habitant depuis trente ans le quartier du plateau du phare à Biarritz, dont la mauvaise réputation est de notoriété publique, tard dans la nuit, j'ai noté la présence de jeunes enfants (13 - 14 ans). En ma qualité de simple citoyen, de père de famille, et d'une certaine éducation religieuse, à savoir protéger les plus faibles, nos enfants, j'ai appelé le commissariat, la police ne se déplacera pas. Les jours suivants, j'ai écrit une lettre nominative à chacune et chacun des Membres du Conseil Municipal. Une seule réaction : un Conseiller Municipal fort courtoisement sollicitera l'autorisation de publier la teneur de mon courrier dans le mensuel de la Mairie (page opposition).
    Depuis les faits durent et perdurent.
    Comme Monsieur Le Maire, j'ai honte.
     
    Pierre Pierre

    le 26/06/2009 à 11h20

    Merci, Monseigneur, car vous êtes dans votre rôle quand vous rappelez nos hommes politiques à la véritable prudence dans la façon dont ils exercent leur mandat et leur responsabilité, normalement au service du bien commun. Cela n'est aucunement un empiètement sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat: tout citoyen, tout groupe de citoyens, et plus encore tout représentant officiel de l'Eglise, reconnue "experte en humanité" par les plus hautes instances internationales, représentant la majorité des Français, peut tout de même intervenir et dire ce qu'il pense!
    Monsieur le Maire, vous avez une conception bien étriquée de la "laïcité positive", enfin pacifiée, qui est reconnue par les instances les plus hautes de la République que vous prétendez défendre contre la soi-disant intrusion de l'Eglise! Et vous feriez bien de reconnaître que les familles, croyantes ou non, mais toujours responsables de l'éducation de leurs enfants, sont en droit d'être défendues quand on impose dans la rue des conceptions qui vont à l'encontre des valeurs qu'elles ont le devoir de promouvoir auprès de leurs enfants, pour le plus grand bien futur de la société. Que les personnes à tendance homosexuelle soient respectées dans leurs droits, c'est bien; mais qu'elles affichent ces tendances pour imposer un relativisme complet à cet égard, c'est plus discutable, et elles ont aussi des devoirs comme tout citoyen, notamment de respecter les autres. Et c'est une violence contre les familles et les enfants que vous, Monsieur le Maire, autorisiez des manifestations qui vont à l'encontre du Bien commun.
    Il serait temps que beaucoup plus d'Evêques parlent comme notre Evêque, et que notre pays de liberté ne devienne pas une dictature de minorités agissantes.
     
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