CARCASSONNE. Hier, ils étaient près de 20 000 à se rassembler pour la défense de la langue occitane

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le 25/10/2009 à 18h04
Je me permets d'abord d'attirer l'attention sur le fait qu'on ne peut pas extropoler du succès d'une manifestation organsée principalement par des occitanistes (celles et ceux qui agissent au moins pour la défense et la promotion de la langue occitane) l'opinion de la majorité des occitans, entendu comme celles et ceux qui vivent sur les 190 000 km2 imprégnés par plus de 1 000 ans de langue occitane ou qui en sont originaires... Mais la confusion dans l'usage des adjectifs ou substantifs occitans et occitanismes existe aussi parmi des occitanistes qui s'imaginent parfois comme l'avant-garde du peuple occitan (dans la population des pays occitans, la diversité des opinions n'est pas moindre qu'ailleurs, le risque d'un populisme nationaliste reste d'actualité surtout quand les institutions de l'Etat français persévèrent dans leur centralisme césaro-bonapartiste...).
Si les défenseurs et promoteurs de la langue occitane se retrouvent aussi nombreux à faire souvent un long déplacement un samedi, c'est probablement que les enjeux du droit à la diversité linguistique et culturelle touchent quelque chose de bien plus profond et plus large que les seules revendications communes rassemblant les organisateurs, réduits cette année aux 4 famillles de l'IEO, du Félibrige (absent en 2005), des Calandretas (écoles associatives enseignant l'occitan par immersion) et de la FELCO (fédération des enseignants du public en langue et cultures occitanes)... Gardarem la Tèrra avait démarré à la manif 2005 sa seconde caravane occitane sur le thème "lenga" et "aiga" (aspects sociaux et écologiques) et qui avait porté à la manif de Béziers un fort message de Robert Lafont tout en organisant un "canton fòrum" donnant la parole à des acteurs sociaux et politiques. Ce samedi c'est avec des millers de billets factices de 500 € portant au recto "Europe du fric ? ou..." et au verso "Pouvoir du Peuple ?
Del país a la Tèrra tota
Occitan lenga co-oficiala"
avec son logo et son adresse internet.
Un moyen économique de communication pour suggérer que le droit de connaître, d'apprendre et d'utiliser une langue vivante historique de la République autre que le français relève d'une conception démocratique et sans frontières de la mise en oeuvre des droits fondamentaux de tous les êtres humains...
Pour moi, il s'agit en quelque sorte d'agir pour voir reconnaître un droit (et non une tolérance) d'accès à et d'usage oral et écrit de la langue ici des pays occitans (respectant la riche diversité de ses parlers), droit qui est déclinaison essentielle du droit de Viure, trabalhar e decidir al País quand celui-ci est mis en cause par la croissance du chômage, de la précarité, de la souffrance au travail, de la perte de revenus de beaucoup de paysans notamment viticulteurs malgé leurs efforts de qualité, de la recentralisation que représente les réformes engagées des collectivités territoriales alors qu'il faudrait ériger en collectivités publiques les établissements publics de coopération intercommunale dans une logique fédérale s'appuyant notamment sur ce niveau beaucoup plus adapté que les départements aux réalités contemporains et sur de vraies régions à gouvernance démocratisée aux antipodes du cumul obligatoire des mandats départementaux et régionaux pour les "conseillers territoriaux"...
Pour moi, quand jaillit de mon gosier le "Se canta", c'est un peu tout cela qui s'exprime, amalgamé dans un sens culturel et historique particulièrement marqué cette année par le souvenir du massacre de Béziers il y a 800 ans par les croisés du pape Innocent III...